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  • Anecdote 4 : « Marche… »

    Anecdote 4 : « Marche… »

    12 Août 2008, La fête bat son plein

    L’appartement occupe tout le deuxième étage d’un immeuble haussmannien.
    Les plafonds hauts, les corniches dorées et le parquet en chevron.
    Le grand salon s’étire sur près de dix mètres.
    Deux larges portes-fenêtres donnent sur un balcon filant où s’alignent des bacs de géraniums.
    Au fond, un grand piano à queue noir brille sous un lustre ancien.
    Sur la gauche, un mur de livres et de portraits officiels : décor de prestige, témoin d’une famille d’influence.

    Le salon communique directement :

    • par une double porte vitrée sur la salle à manger, transformée en piste de danse ;
    • par un couloir central menant à la cuisine et aux chambres ;
    • et par une entrée principale donnant sur un vestibule où le garde du corps surveille discrètement la soirée.

    Les invités circulent entre ces espaces comme dans un labyrinthe lumineux.
    La musique pulse depuis la salle à manger, Mosey aux platines, concentré, casque sur les oreilles.
    Des rires éclatent, des flashs d’appareils photo crépitent.

    Au fond du couloir, une porte de chambre vient de se refermer.
    Derrière, des voix : une féminine, tremblante ; une autre, plus grave, cassée, saturée d’alcool et de colère.

    Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvre brusquement.
    Élise Giraud, la petite-fille du sénateur, sort en titubant, les yeux humides.
    Derrière elle, Bèze, silhouette sombre, mâchoire serrée, la suit.

    — « T’vas pas faire ta princesse maintenant ! »
    dit Bèze.
    — « Non, je ne veux pas le faire avec toi ! »
    répond Elise.
    Bèze frappe le mur, avec un coup de poing. L’ambiance de la fête tombe.
    Mosey s’interpose et est rejoint par son garde du corps.
    Bèze, ivre, est hors de lui.
    — « Petite pute, je te baise ! Et toi, fils de président, je vais te buter ! »
    Bèze soulève son sweet, et montre à l’assemblé son DESERT EAGLE.
    Mais, le garde du corps lui montre son BERETTA caché sous sa veste.
    Bèze abandonne de suite, il n’est pas de taille à affronter un vrai pro.
    Une fois qu’il est dehors, il reprend les insultes, révèle être le fournisseur de drogue de la fille et qu’il compte bien pourrir toutes les personnes présentes, ce soir.

    *****

    Paris, palais de l’Elysée, Bureau du président, le 15 Août 2008, 10 heures du matin

    La lumière du jour entre par les hautes fenêtres, adoucie par les rideaux clairs.
    Elle se dépose sur les boiseries anciennes, sur les reliures épaisses qui occupent une partie des murs, et sur les moulures discrètes qui courent au plafond.

    Sur la grande table de travail, parfaitement ordonnée, un unique dossier attire l’œil.
    Posé exactement au centre, il porte en lettres noires un nom bref, presque austère : OMBRE.

    Dans son fauteuil, le Président demeure à demi dissimulé.
    De lui, on ne distingue réellement qu’un bras, son bras droit, posé sur l’accoudoir, et parfois ses doigts qui effleurent le bord du sous-main.

    Face à lui, deux hommes prennent place sur des fauteuils identiques.
    Ils ne semblent pas y être assis pour se reposer.

    Le colonel Delmas, responsable de la cellule OMBRE, garde les mains croisées sur ses genoux, parfaitement jointes.
    Son uniforme, impeccablement repassé, contraste avec l’inquiétude silencieuse qui durcis sa mâchoire.
    Il fixe un point du parquet, une planche légèrement plus claire que les autres, comme si le regard ailleurs avait été un manque de respect.

    À sa droite, le colonel Saint Clair, de la DRM, se tenait dans une immobilité presque statuaire.
    Ses épaules restent droites, son buste légèrement incliné vers l’avant.
    Ses yeux, eux, semblent simplement attendre : ni jugement, ni soumission, seulement cette vigilance calme.

    — « J’ai eu une discussion avec mon fils Pierre. Lors de la soirée chez un ami, le sénateur Giraud, un individu a menacé mon fils. Depuis, cet individu poste sur son FaceBook des menaces à l’encontre de mon fils et de tous les enfants de politiciens qu’il connaît et dont il est le dealer. »

    Saint Clair, au courant de l’histoire, déclare :
    — « Oui, Monsieur. Nos hommes confirment l’identité. Un délinquant connu. Rien qui ne sorte de l’ordinaire. Je vous conseille de laisser courir. Ce genre d’individu ne passe rarement à l’acte, sans provocation. »
    Saint Clair passe son téléphone pour que Delmas puisse voir le réseau social du jeune homme.Delmas prend son temps pour analyser les messages, puis déclare :
    — « Instable, lâche. Lui faire peur serait une mauvaise chose. Votre problème va s’empirer, si vous vous en mêlez. »

    Une pause. Le Président effleure du bout des doigts le dossier devant lui, sans l’ouvrir.
    — « J’ai pas du tout lu le dossier de votre unité. Mais, une partie de la lettre de mon prédécesseur, où il me dit d’appeler ce Night, en cas de coup dur. Donc, je veux qu’il fasse ce qu’il faut pour protéger mon fils ! »

    Saint Clair répond, d’un ton calme :
    — « Vous avez été ministre de l’intérieur, il n’y pas dans vos contacts, quelqu’un qui puisse résoudre votre problème ? »

    Le Président inclina légèrement la tête.
    — « Le fait que je sois devenu président, les amitiés et les prétendus services que l’on m’a proposés ont fondu comme neige au soleil. Plus personne ne voudrait m’aider. Je crains d’être évincé à la fin de ce mandat. »

    Delmas releva enfin les yeux.
    — « Que devons-nous faire, Monsieur ? »
    — « Faites ce que vous pouvez pour que ce sale gosse ne soit plus un problème ! Calmez-le ! »
    — « Ce n’est pas une mission pour la cellule, monsieur. Si vous voulez l’éliminer, nous connaissons des personnes pour ça. L’intimidation ne fait pas vraiment partie de nos attributions. »
    — « Mais à quoi sert une armée qui ne peut pas faire ce que l’on lui ordonne ? »
    — « Aller à la guerre, monsieur le président. Mon unité doit être déployée en Afghanistan, dans 24 heures. Nous avons des cibles à traiter. Cibles dangereuses pour nos troupes là-bas. »

    Le président Sarkozy s’énerve. Le silence revient aussitôt. L’ambiance se refroidit instantanément.
    Saint Clair hocha la tête.
    — « Monsieur ! Nous essayons de vous dire que ce n’est pas notre genre de mission. Elle risque de déraper. Et le jeune peut en mourir, si nous faisons intervenir Night. »
    — « Je ne veux pas qu’il soit tué, mais faites quelque chose ! »
    Delmas rend le téléphone à Saint Clair.
    — « Monsieur ! Je vais demander à mon équipe de voir ce qu’elle peut faire. »

    Les deux colonels saluent et quittent le bureau, leurs pas étouffés par la moquette.
    Derrière eux, le Président reste un moment immobile, silencieux, inquiet. Réussiront ils ?

    *****

    Boulevard Mortier — Salle de briefing de la cellule OMBRE, le 15 Août 2008, 14 heures

    Une salle rectangulaire. Au centre, une table métallique, un rétroprojecteur fixe le mur couvert par un écran blanc..
    Le colonel Delmas entre le premier.
    Il tient un ordinateur portable contre son torse.
    Derrière lui, le capitaine Arnaud Leroux et le lieutenant Thomas Marchesi prennent place. Ils donnent l’impression d’être deux frères. Tenues de pilotes. Lunettes de soleil placées dans une poche de leur combinaison. Carnet en main.
    Le reste de l’équipe arrive à son tour.
    L’adjudant Romain Blanchard, dit Wrench, fait la police auprès des servants des mitrailleuses de sabord, le sergent Yann Martin, dit Taz, et le caporal Adrien Morel, dit Naze.
    Peau mate, sérieux, caporal Vincent Dubois alias Ours se présente à la porte.
    Suivant par le sergent Julien Lefèvre, dit Ghost, calme et silencieux. 

    Night entre en dernier.
    Pas un bruit dans sa marche, pas un regard pour personne.
    Il se contente de se tenir debout, mains derrière le dos, le regard vague, comme si rien ne l’intéresse.

    Delmas ouvre le portable. Il le branche sur le rétroprojecteur. Puis, des images apparaissent.
    — « La mission en Afghanistan est annulée. Le président a une autre… »
    Delmas soupire.
    — « …priorité pour nous. »

    Sur le mur, une image apparaît.
    Une photo de Sébastien Caron.
    Regard gris, insolent.
    Cheveux mal peignés.
    Expression de défi.

    — « Individu instable, violent. Agressions répétées. Menaces contre des proches du président. Nous devons le localiser. L’approcher. Le… calmer. Le Palais veut… un traitement. Rapidement. Sans vagues. »
    Arnaud croise les bras, un sourcil relevé.
    — « On fait des missions de police, maintenant ? »
    Delmas secoue la tête.
    — « Non. On répond à une demande d’aide de notre grand patron. »
    Thomas se penche, lisant les lignes du rapport.
    — « Il a posté plusieurs menaces publiques. Il connaît la fille du sénateur Giraud. Il a des photos, des noms. Il se vante. »
    Arnaud soupire.
    — « Ça pue l’amateur. Le genre qui va paniquer si on lui souffle dessus. »
    Le silence de l’équipe signe l’approbation générale.
    Ours prend la parole, sans la moindre intonation :
    — « On lui démonte sa gueule. »

    Thomas serre la mâchoire.
    — « Avec respect, mon colonel… Quelqu’un a dit au président que Night n’est pas fait pour calmer. Il ne devrait pas être chargé de cette mission ? »
    — « Le Président l’a exigé. Je pense qu’il nous test ! Je crois qu’il cherche de nouveaux alliés. »
    Delmas ferme le dossier sur son portable. Une image du groupe devant le CARACAL fait place.

    Delmas choisit ses mots.
    — « Nous devons le localiser. L’approcher. Le… calmer. »
    Les yeux de Delmas se fixent sur Night.
    — « Sans provoquer de dégâts. Ni de morts. »
    Delmas fini par :
    — « Ce n’est pas une demande. C’est un ordre. »

    Delmas fait une nouvelle pause, puis reprend :
    — « Bèze vit dans le XVIIe arrondissement. Nous n’avons pas d’infos précises… »
    Taz l’interrompt :
    — « Je connais quelqu’un à la police qui pourrait nous renseigner. »
    Naze réplique par :
    — « C’est vrai que tu as tes entrées là-bas… »
    Thomas intervient :
    — « Restez concentré, vous deux. »
    Les deux compères se jaugent du regard, tout le monde sait qu’ils ne sont pas avares en blagues en tous genres.
    Delmas reprend la discussion.
    — « Donc Taz ! Tu vas voir ton contact à la police. Il est fiable ? »
    — « Il m’a déjà arrêté… deux ou trois fois… peut-être quatre. »
    Taz prend un air penaud. Pendant que Naze se rit de lui.
    — « Taz, secondé par Naze, vous emmenez Night. Vous cherchez ce gros nul et vous lui faites bien comprendre de se calmer. Wrench, Ghost et Ours, vous restez en réserve. Arnaud, Thomas et moi, nous serons à la supervision. Pas de débordement, Go ! »

    *****

    Paris XVIIe, le 16 Août 2008, 15 heures

    Devant le commissariat de la rue Truffaut, Night et Naze attendent. Par habitude, Naze caresse l’oreille de Night qui repousse violemment le bras, au son des rires de Naze.
    — « Alors, mon biquet, t’aime toujours pas ça… »
    Naze rit de plus belle.
    Pendant ce temps, Taz et un autre homme sortent du commissariat et se serrent la main. Taz rejoint la voiture. Un Jumpy blanc.
    — « Je suis désolé, mon pauvre Night de t’avoir laissé avec ce gros naze ! »
    — « Oh ! Arrête ! Il a kiffé grave »
    Répond Naze.
    — « Jusqu’au jour, il va te buter. »
    — « Rabat joie ! Il ne ferait pas de mal à son collègue préféré, petit canaillou. »
    Night, toujours taciturne et silencieux, attend. Taz fini par dire :
    — « D’après les infos que j’ai obtenues, notre gars squatte un appartement dans un immeuble, au 43 rue des Épinettes, 17ᵉ arrondissement. Le bâtiment est insalubre. Sa population est un mélange de toxicos, de malfrats et de désoeuvrés. »
    — « Bon ! On va voir ce ringard ? »
    Le véhicule démarre. Les trois compères roulent en direction de leur cible.

    *****

    Boulevard Bessières, Naze conduit doucement, il tourne à gauche, rue des épinettes.
    Night tape sur l’épaule de Taz, et lui désigne un jeune homme en tenue de survet sale qui sort d’un restaurant.
    — « Stop ! »
    S’écrit Taz.
    — « C’est lui ! »
    Naze continue de rouler et se gare dans le premier emplacement de libre. Les trois hommes sortent du véhicule. Ils marchent en direction de leur cible.

    — « Bonjour monsieur ! Pouvons-nous vous faire perdre deux minutes de votre temps ? »
    Dit calmement Taz. Naze se joint à la conversation, pendant que Night reste en retrait.
    — « Vous voulez quoi les blaireaux ? Désolé, j’ai pas le temps de causer, j’ai une donzelle à aller voir pour lui faire ce que vous savez. »
    — « Juste deux minutes ! Juste pour vous transmettre un message d’une personne que vous avez offensé… »
    — « Abrège ! Tu me soules ! Vous êtes des flics ? »
    Bèze se met à hausser le ton :
    — « Oh ! Des sales flics viennent me chercher des noises ! »
    — « Monsieur, on va rester cordiale ! On est venu vous dire que les menaces que vous écrivez sur votre page Facebook contre le fils du président sont inacceptables. Nous pouvons vous faire plier, s’intéresser à vos petites affaires de drogues ! »
    Bèze continu de monter le ton :
    — « Wooo ! Touchez pas à mon business ! »
    Puis, il se met à crier dans la rue :
    — « Des flics me menacent ! Appeler la police ! »
    Des gens regardent en direction du quatuor. Quelques clochards et des jeunes se rapprochent d’eux.
    — « Faites ce que l’on vous dit et vous n’aurez pas de problème ! »
    Taz fait signe à son équipe de partir à la voiture, il a le sentiment que la situation n’est pas sous contrôle.

    *****

    Boulevard Mortier — Salle de briefing de la cellule OMBRE, le 17 Août 2008, 10 heures du matin

    Delmas se sent frustré. Toute l’équipe est rassemblée, il vogue dans la pièce, un air de défaite.
    — « Bon, alors ? »
    — « Le message a été transmis. Est-ce qu’il a été compris ? A vous de nous le dire ? »
    Répondit Taz.
    — « Nan, pas du tout, c’est même pire. Sur son compte, il menace la Police. Que fait-on ? »
    — « On lui pète la gueule. »
    Répondit Ours, d’un ton monotone.

    Delmas semble ne pas entendre. Il dit :
    — « On va lui foutre le bordel dans son business. Thomas, Ghost et Night vous allez lui casser ses deals… »

    Le téléphone de Delmas sonne. Delmas regarde l’écran, fait une mou et décroche.
    — « Monsieur le président… Oui, je suis en réunion avec l’équipe… Je comprends… J’ai vu… Nous allons faire autrement… Je comprends… Il observe… Il n’a pas jugé le moment opportun… Nous ferons de notre mieux… Au revoir monsieur. »

    Delmas raccroche. Il est encore plus frustré.
    — « Bon, vous avez compris que c’était le président. Il est furieux. Je reprends, Thomas, Ghost et Night, vous allez casser ses deals. C’est un avertissement, il doit comprendre que nous ne rigolons pas ! Taz, Naze, Wrench et l’Ours, vous êtes en réserve. Arnaud et moi, nous supervisons. Go ! »

    *****

    Paris XVIIe, le 17 Août 2008, le soir

    Thomas, Ghost et Night passent deux jours dans le monospace que l’Ours a prêté. Night assis en place arrière, côtoie deux peluches,une licorne et un Tigre. Ghost qui est au volant, le regarde avec le rétro central.
    — « Désolé Night, Vincent adore ses gosses ! »
    En guise de réponse, Night lui montre Bèze qui sort de son immeuble. Le trio débarque du véhicule et le suit à distance.
    A quelque centaine de mètres de son immeuble, Bèze tient son point de Deal. Un porche ouvert et endommagé, l’éclairage faible donne l’impression d’un tunnel obscure. Déjà, deux filles en tenue d’écolière, collants déchirés, cheveux sale, leurs têtes qui semblent bien trop lourdes pour elles.
    Quand elles le voient, elles déambulent vers lui et le hèlent. Thomas, Night et Ghost mettent leurs cagoules et avancent vers le porche. Ils interpellent les clients de Bèze.
    — « Allez ! Le deal est fermé, pour ce soir ! Allez voir un autre point. Monsieur est occupé ! »
    Malgré les protestations les toxicos s’en vont. Bèze s’écrit :
    — « Vous faites quoi, bande de blaireaux ? »
    — « Nous t’avons prévenu. Donc, c’est fini pour toi ! »
    — « C’est encore les flics ? Vous vous acharnez sur moi ! C’est du harcèlement ! »
    — « Si tu calme le jeu avec le fils du président et les autres gamins que tu menaces, on te laisse tranquille. OK ? »

    Une berline allemande s’arrête au niveau du porche et Ghost s’approche et leur dit de partir. La voiture décolle. Bèze réfléchi.
    — « Ok ! Je vais supprimer les messages. »
    — « Et tu ne nous obliges pas à revenir ! Rentre chez toi ! Va réfléchir. »
    Bèze repart et rentre dans son immeuble.
    Thomas et Ghost sont soulagés. Mission accomplie, ils le pensent.

    *****

    Boulevard Mortier — Salle de briefing de la cellule OMBRE, le 18 Août 2008, 10 heures du matin 

    Au téléphone, l’air contrarié, Delmas se fait sermonner. A la télé, la presse s’acharne sur une Police qui harcèle un dealer. Dans les images, on peut y voir le jeune homme larmoyant, expliquer que la police le menace depuis quelques jours. Le ministre de l’intérieur et le chef de la police du 17e arrondissement présentent leurs excuses et avoue ne pas comprendre la situation. Les experts se suivent et se battent verbalement sur le sujet.
    En communication avec le président, Delmas tente de défendre son équipe.

    Dans la salle de réunion, les autres membres restent muet, tristes et désabusés. Ils ne comprennent pas pourquoi on leur demande de faire une mission qui sort de leur attribution.
    Delmas raccroche et se tourne vers les autres membres.
    — « Voilà, le petit merdeux est allé cafter à la presse. Il se fait passer pour une victime d’un système autoritaire, tout ce que les médias aiment. Nous avons été filmés par une équipe de journalistes. Il va falloir trouver une porte de sortie. »
    — « Je m’occupe de lui péter la gueule ! »
    dit l’Ours.
    — « Autre idée ? »
    rétorque Delmas.
    — « Nan monsieur ! On y va, on lui casse deux dents et c’est fini. Là, vous jouez son jeu. On le démonte, un point c’est tout. »
    L’Ours s’énerve rarement, mais voir son chef se ridiculiser, le rend furieux.
    Personne ne veut le contredire. Même Naze n’a pas la répartie pour divertir l’ambiance.
    — « Bon, on va faire ce que tu as dit. »
    Delmas jette l’éponge, il ne sait pas où cela va mener l’équipe.

    *****

    Paris XVIIe, 18 août 2008, vers 19 heures

    Dans un Jumpy Gris, version familiale, six hommes se préparent à agir. Wrench est au volant, Taz, Naze, Ghost, l’Ours et Night sont aux places passagers. Cagoules prêtes à être enfilées. Pistolet à la ceinture. Ils attendent leur cible.

    D’abord un cri, puis un pleur. Un fille est poussé par Bèze, il l’a dirige vers un porche. Les cinq hommes débarquent, mettent leurs cagoules et foncent. Night se déplace vite, il arrive au niveau de l’agression. Bèze est en train de glisser sa main sous la jupe de la fille.
    — « Laisse toi faire, petite pute. Je vais te faire connaître le bonheur… Mais quoi ? »
    Night le pousse violemment, et lui décroche un direct du droit, en plein visage? Bèze a le nez qui saigne, il est perturbé, il prend peur. Il se débat comme il peut, il gémit.
    — « Nan, laissez-moi tranquille ! »
    Il fuit son agresseur. Il court dans la rue vers son domicile. Il trébuche de peur, il est désorienté par le coup violent qu’il a reçu au visage.
    Night le suit d’un pas rapide. Le reste de l’équipe le rattrape, Naze et Ghost se dirigent vers la fille, pour lui prodiguer les premiers soins.
    Wrench roule pour rattraper Bèze et Night.
    Le jeune homme entre dans son immeuble, pleurant, paniquant. La peur est à ses trousses.
    Il monte les six étages, tout en trébuchant, donnant le temps à Night, rejoint par L’Ours et Taz de le rattraper. Bèze entre dans son appartement.
    Night s’arrête à côté de la porte, il entend le chargement d’un fusil à pompe.
    Une explosion endommage la porte d’entrée. La chevrotine a traversé la porte légère de l’appartement et ainsi celle d’en face.
    — « Vous allez tous crever, bande de bâtards de flics ! »
    Crie Bèze, la voix pleine de sanglots.
    Il recharge, l’arme s’enraye.
    — « Merde ! Fais pas chier ! Putain de SPAS12 ! »
    Il recharge, l’arme s’enraye à nouveau.
    Night se met en place et défonce le reste de la porte.

    Bèze fuit dans sa chambre. Night le suit. Taz et l’Ours entrent à leur tour dans l’appartement. Une odeur de décomposition d’ordures répugnante les incommode. Le jeune n’est pas fort en ménage. Des tas de cartons à pizza sont regroupés ici ou là. Des canettes de bière jonchent le sol. Seul un passage permet d’aller d’une pièce à l’autre. Des sacs poubelles longent les meubles de la cuisine.

    Bèze crie depuis sa chambre, une voix manquant d’assurance.
    — « Laissez-moi, tranquille ! Je vais vous tuer ! Merde putain, c’est quoi ! »
    Night enfonce la porte. Il découvre Bèze avec son Desert Eagle dans les mains, l’arme a eu un incident de tir. Bèze essaye de la faire marcher, mais n’y arrive pas.
    Night le met en joue. Bèze lève la tête, c’est la dernière chose qu’il voit.
    Taz s’écrit :
    — « Night ! Non ! »
    Le coup part.

    Wrench entre à son tour dans l’appartement, il se dirige vers la chambre, malgré l’odeur. Il fouille le corps du jeune. Il prend le portable. Il cherche l’appli FaceBook, supprime le compte du jeune homme.
    — « Quel blaireau ce gosse ! 1234 c’est pas un mot de passe ! »
    Il remet le téléphone dans la poche du jeune cadavre, puis, il ordonne le repli.

    *****

    — « Vingt cinq ans que l’armée Française n’avait pas subi de pertes aussi lourdes. »
    — « Dix morts et vingt et un blessés en Afghanistan… »
    Le journal télévisé démarre sur une bien triste nouvelle…

    *****

    Paris, palais de l’Elysée, Bureau du président, le 19 Août 2008, 7 heures du matin

    La lumière du jour entre par les hautes fenêtres, adoucie par les rideaux clairs.
    L’ambiance n’est pas à la colère d’une mission ratée, mais à la tristesse.

    Dans son fauteuil, le Président demeure à demi dissimulé.
    De lui, on ne distingue réellement qu’un bras, son bras droit, posé sur l’accoudoir, et parfois ses doigts qui effleurent une lettre manuscrite posée sur un dossier.

    Face à lui, deux hommes prennent place sur des fauteuils identiques.
    Ils ne semblent pas y être assis pour se reposer.

    — « Est-ce qu’il aurait changé les évènements ? »
    Demande le président.
    — « Non, monsieur. »
    répond le colonel de Saint Clair
    — « Il serait, peut-être, venu à leur secours… les venger… Mais, c’était écrit… ça devait arriver. »

    La voix de la secrétaire se fait entendre :
    — « Monsieur le président, j’ai le président Jacques Chirac en ligne, il voudrait vous parler ! »
    — « Passez le moi, s’ il vous plaît. »

    La main droite de Nicolas Sarkozy se saisit du téléphone :
    — « Bonjour monsieur le président. Mes hommages… Merci pour votre sollicitude… Que puis-je à votre service ? (…) Non, j’avais annulé son séjour… pour une mission en France… Oui, ce n’était pas une urgence… Oui, un règlement de compte (…) Je le comprend maintenant, je veillerai à ce qu’il soit mieux utilisé (…) Je vais lire votre lettre (…) Je vous remercie. A bientôt Jacques ! »
    La main droite pose le téléphone.

    — « J’ai compris l’utilité de ce Night, vous repartez en Afghanistan, recherchez-moi ces ordures ! Faites leur payer cet affront. Envoyez leur… »

    NightWish


    Fin de ‘anecdote 4 : « Marche… »


    Cette histoire est une fiction inspirée de contextes réels.
    Elle a été imaginée et rédigée par Raulgarth, avec l’appui de Sergent-Chef Marcel1 pour la correction, la documentation et la réflexion narrative.



    A suivre :

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    Histoire Annexe :



    18 Août 2008 : Hommage à tous les gars en Afghanistan

    1. ChatGPT de OpenAI ↩︎

    12 Août 2008, La fête bat son plein L’appartement occupe tout le deuxième étage d’un immeuble haussmannien.Les plafonds hauts, les corniches dorées et le parquet en chevron.Le grand salon s’étire sur près de dix mètres.Deux larges portes-fenêtres donnent sur un balcon filant où s’alignent des bacs de géraniums.Au fond, un grand piano à queue noir…

  • Le débriefing

    Le débriefing

    Paris, mars 2015. Bureau du boulevard Mortier.

    Dans une salle, une table ronde de réunion, six chaises, cinq officiers.
    Quatre d’entre eux sont en colère contre le dernier.
    Une caméra est braquée sur lui.

    — « Nous sommes réunis ici pour déterminer si l’opération dans l’Adrar est un succès ou un fiasco », annonce le général Armand Delcourt, DGSE.
    — « Je tiens à préciser les noms des morts pour la France : lieutenant Armand Lemaire, promu à titre posthume capitaine. Sergent Thomas Perrin, promu à titre posthume adjudant. Soldat de première classe Malik Benali, promu à titre posthume caporal. »
    Le général énumère la liste d’une voix ferme.
    — « Voici les blessés : sergent-chef Xavier Dubreuil, amputé des deux jambes. Soldat de première classe du Génie Stéphane Olivier, amputé de la jambe gauche. Enfin, le caporal-chef Jean-Luc Roussel, défiguré. »

    Le général froisse sa feuille et la jette sur la table.

    — « Parlez-nous de vos renseignements ! » reprend le colonel Saint Clair, DRM.
    — « Pourquoi ? Ils ont été utiles, non ? Il y avait des rebelles, ils sont morts maintenant ! » répond sèchement le colonel Gabriel Montreuil.
    — « Morts ? Voulez-vous qu’on vous parle de nos morts et blessés, sans compter ceux qui ont démissionné ? » déclare le colonel Henri Renaud, EMA.
    — « C’est un mal nécessaire. Je ne vois pas le problème. »
    — « Le problème ? Votre opération a été bâclée ! L’équipe était trop petite ! Il aurait fallu une section complète, avec des renforts conséquents ! » dit le colonel Étienne Le Goff, COS.
    — « Vous croyez que ça aurait évité des morts ? C’est la guerre ! Assumez ! »
    — « Assumez votre incompétence, vous rigolez ? » Le colonel Le Goff enrage.
    — « Voulez-vous que je vous lise la plainte du lieutenant Lemaire ? » demande le colonel Renaud.

    Il sort une feuille, la déplie et lit :
    — « Cher colonel Desmoulin,
    je me dois de vous signaler l’ordre absurde que j’ai reçu du colonel Montreuil. Il ORDONNE une mission de reconnaissance avec une force réduite ! Si je reviens vivant, je porterai officiellement plainte contre lui. »

    Le colonel Renaud marque une pause.
    — « Cet officier savait que c’était une erreur. Il en est mort. Vous vous rendez compte ? »

    Toujours sûr de lui, le colonel Montreuil ne répond pas.
    — « Vous ne dites rien ? Vous vous en foutez ? » lance le général Delcourt.
    — « Si ! Vous m’accusez de négligence, mais regardez les faits. Ils n’ont pas respecté les protocoles de déplacement. La distance entre les véhicules est de cinquante mètres. Ils ne l’avaient pas. C’est leur négligence qui leur a coûté cher ! » aboie Montreuil.
    — « C’est une plaisanterie ? » s’étrangle le colonel Renaud, stupéfait du culot de Montreuil.

    Montreuil ajoute, la voix dure :
    — « Et heureusement qu’il était là ! Avec lui, la mission aurait réussi. »
    — « Qui, lui ? » demande Renaud.
    — « Le tueur. Le démon. Sa réputation effraie tout le monde. Il n’aurait pas eu de mal à mener cette mission. »

    Le colonel Saint Clair sort de son silence :
    — « C’est une force de frappe, pas un outil politique ! Sa réputation est déjà un problème. Nos alliés nous détestent à cause de lui. L’utiliser à tort et à travers serait contre-productif. »

    La porte de la salle s’ouvre. Un homme entre : costume sombre, cravate ajustée, lunettes fines, cheveux impeccablement coiffés.
    Il s’assoit sur la chaise vide.
    — « François Meunier, ministère de la Défense. Le ministre m’a chargé de vous dire que la séance est close et que les enregistrements doivent être effacés. Toute tentative de rouvrir ce dossier sera punie de limogeage sans indemnité. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? Le colonel Montreuil est lavé de tout soupçon ; il est libre de partir. Sur ce, bonne journée. Colonel Montreuil, veuillez me suivre. »

    L’assemblée reste coi.
    Les deux hommes quittent la salle.

    — « Le ministre le lave de tout soupçon ! Encore un petit protégé de nos institutions », lâche le colonel Renaud, furieux.
    Il frappe du poing sur la table.
    — « Je dois encore faire le ménage pour cet idiot… »
    Il se lève, remet sa casquette.
    — « On nettoie les déserts, mais pas les bureaux. »

    Il quitte la salle, bientôt suivis des autres, sauf Saint Clair, qui récupère la vidéo et la glisse dans sa mallette, sans un mot.


    Fin de l’histoire « Le débriefing »


    Cette histoire est une fiction inspirée de contextes réels.
    Elle a été imaginée et rédigée par Raulgarth, avec l’appui de Sergent-Chef Marcel1 pour la correction, la documentation et la réflexion narrative.



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    1. ChatGPT de OpenAI ↩︎

    Paris, mars 2015. Bureau du boulevard Mortier. Dans une salle, une table ronde de réunion, six chaises, cinq officiers.Quatre d’entre eux sont en colère contre le dernier.Une caméra est braquée sur lui. — « Nous sommes réunis ici pour déterminer si l’opération dans l’Adrar est un succès ou un fiasco », annonce le général Armand…

  • The Best Unit

    The Best Unit

    Keller s’arrête sur le trottoir, face au bâtiment.
    Devant lui, le siège de The Dark Unit se dresse avec sobriété :
    La façade principale est lisse, vitrée, légèrement courbée, renvoyant un ciel gris.
    À gauche, le bâtiment se prolonge en un hangar rectangulaire, bardé d’acier anthracite, avec un quai de chargement parfaitement aligné.
    Juste trois lettres métalliques, TDU , fixées au-dessus de l’entrée, comme enseigne.
    L’entrée principale, double porte en verre fumé, vitres teintées, sans possibilité de distinguer des mouvements à l’intérieur.
    Keller fixe un instant son propre reflet dans le verre. Il sait qu’on l’observe déjà.
    Il resserra la mâchoire.
    Il n’est pas venu pour un rendez-vous.
    Il est venu pour des explications.

    *****

    Le hall est large, épuré, baigné d’une lumière blanche venue de plafonniers encastrés.
    Le sol, en résine gris clair, ne porte presque aucune trace de passage.
    Aucun écran, aucune affiche commerciale.

    Face à lui, un comptoir rectangulaire en béton poli.
    Derrière, une secrétaire assise, posture droite, tailleur sombre, regard mesuré.

    À une dizaine de mètres, sur la gauche, un agent de sécurité l’observe.
    Attaché à sa ceinture, bien visible, un pistolet dans l’étui, oreillette reliée à une radio.
    Sur le mur derrière le comptoir, une seule horloge numérique affiche l’heure, en rouge.

    Keller sort son badge de la CIA, et le montre à la femme.
    — « Agent Keller, je veux voir monsieur Carrington »
    — « Avez-vous un rendez-vous ? »
    — « Non, c’est une connaissance. »
    — « Si vous n’avez pas de rendez-vous, ce ne sera pas possible, il est en réunion toute la journée. »

    Keller observe la jeune femme, il remarque le badge sur le tailleur où il est écrit “Maya”.
    — « Maya ? C’est bien votre prénom ? Je veux voir Victor ! Je veux savoir pourquoi votre compagnie est responsable de m’avoir fait capturer par des insurgés…»
    Un homme arrive, calme.
    — « Keller. »
    Il garde un ton mesuré, presque distant.
    — « Brave garçon. Que fais-tu ici sans prévenir ? »
    Il se tourne vers Maya :
    « Je m’occupe de lui, Maya. John, suis-moi. On va dans mon bureau. »

    *****

    Carrington invite Keller à le suivre. A côté du vigile, Carrington passe son badge dans le lecteur. Un bip retentit, l’accès est validé.
    La porte vitrée s’ouvre automatiquement.
    Ils arrivent dans un couloir large, éclairé par des bandes LED incrustées au plafond.
    Les murs sont d’un gris uniforme, des photos d’hommes armés, des cadres remplis de décorations.
    L’écho de leurs pas résonne faiblement sur le sol en résine lisse.
    À droite, une porte entrouverte laisse entrevoir un bureau :
    une femme tape sur un clavier, dossiers empilés à côté d’un téléphone fixe. Elle ne lève pas les yeux.
    À gauche, deux portes fermées portent simplement un nom, sans indication de fonction.

    Un escalier en métal, aux marches pleines, monte vers l’étage.
    En haut, l’espace s’élargit.
    Une petite salle d’attente est aménagée :
    Deux banquettes en cuir noir formant un “U”.
    Une table basse métallique, avec quelques magazines soigneusement empilés.
    Un distributeur d’eau.

    Un nouveau couloir avec ses portes alignées.
    Une porte entrouverte laisse voir un bureau avec tableaux et cartes au mur, un homme en chemise parle doucement dans un téléphone.
    Plus loin, une autre porte se referme à leur passage.

    Carrington continue, d’un pas régulier, silencieux.
    Il s’arrête devant une porte pleine, sur l’étiquette, il est écrit “Carrington”.
    Les deux hommes entrent.
    La pièce est spacieuse, sobre.
    Bureau en verre et métal, parfaitement rangé.
    Deux fauteuils visiteurs en cuir sombre, dos rigides.
    Une grande baie vitrée donne sur l’arrière du bâtiment : ligne de stockage, quai de chargement.
    Sur le mur latéral : une carte du monde, sans légende, ponctuée de quelques épingles grises.
    Aucune photo de famille. Aucun souvenir personnel.

    Une armoire métallique fermée occupe le fond.
    Carrington contourne le bureau et s’assoit.
    Il ne dit rien.
    Il attend que Keller parle.

    *****

    — « En 2004, votre entreprise s’appelle The Best Unit , lors d’un check-point, un de vos hommes abat un garçon, un vieillard et un âne !… »
    Carrington l’interrompt :
    — « Un mulet ! Pas un âne, ça se ressemble mais c’est pas pareil ! »
    Keller reprend, sa colère monte :
    — « Vous niez pas ? »
    — « Nier quoi ? On a été blanchi par le président ! Et ensuite ? »
    — « Vous vous moquez de moi, je n’ai pas signé pour payer pour vos erreurs ! » hurle Keller.
    — « Nous couvrir ça ne vous gêne pas, mais il ne faut pas que ça vous retombe dessus. Ben, voilà, c’est les risques du métier. »
    — « Mais, vos hommes ont tué des innocents et nous allons perdre cette guerre à cause de gens comme vous ! »
    — « Fils, les États-Unis ne perdent jamais la guerre, peut-être que ses alliés sont perdants, mais nous, on gagne sur tous les tableaux. Vente d’armes, mains mise sur les ressources, asservissements des gouvernements et j’en passe ! »

    Une sonnerie de message se fait entendre, interrompant la conversation. Carrington regarde son téléphone, il prend un air dépité.
    — « Ton libérateur ! Le démon ! Lui, il tue les nôtres et toi tu viens me demander des comptes. Lui, là ! Que faut-il pour l’acheter ? ça devrait être ton boulot ! Achète- le ou tue… »
    Au début, Carrington est énervé, puis il finit par se radoucir.
    — « Ne te fais pas tuer, petit. »
    Keller ose demander :
    — « Qu’a-t-il fait ? »
    — « Ce monstre s’en est pris à mes hommes, lors d’une mission… »
    Carrington s’arrête et fini par dire :
    — « File ! Vas t’en ! »
    Carrington, téléphone encore en mains, appelle la sécurité, il fait raccompagné Keller vers la sortie, il reste silencieux.
    Keller n’a d’autre choix que de partir, il connaît Carrington depuis qu’il a été recruté à la CIA, il ne peut plus rien en tirer.

    *****

    De retour à Washington, dans son bureau, Keller est interpellé par Hayes.
    Hayes le fixe, bras croisés.
    — « Pourquoi t’es allé voir Carrington ? »
    Keller ne s’assoit pas.
    — « Je voulais un nom. Celui du responsable. »
    — « Et alors ? »
    — « Night. Il a frappé encore. Carrington ne parlera plus. »
    Hayes soupire, fatigué.
    — « Tu vas continuer ? Tu vas encore courir après une ombre ? »
    Il marque une pause.
    — « Rentre chez toi, John. Occupe toi de ta femme. Sinon… tu perdras tout ! »


    Fin de l’histoire « The Best Unit »


    Cette histoire est une fiction inspirée de contextes réels.
    Elle a été imaginée et rédigée par Raulgarth, avec l’appui de ChatGPT pour la correction, la documentation et la réflexion narrative.



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    Keller s’arrête sur le trottoir, face au bâtiment.Devant lui, le siège de The Dark Unit se dresse avec sobriété :La façade principale est lisse, vitrée, légèrement courbée, renvoyant un ciel gris.À gauche, le bâtiment se prolonge en un hangar rectangulaire, bardé d’acier anthracite, avec un quai de chargement parfaitement aligné.Juste trois lettres métalliques, TDU ,…