Paris, mars 2015. Bureau du boulevard Mortier.
Dans une salle, une table ronde de réunion, six chaises, cinq officiers.
Quatre d’entre eux sont en colère contre le dernier.
Une caméra est braquée sur lui.
— « Nous sommes réunis ici pour déterminer si l’opération dans l’Adrar est un succès ou un fiasco », annonce le général Armand Delcourt, DGSE.
— « Je tiens à préciser les noms des morts pour la France : lieutenant Armand Lemaire, promu à titre posthume capitaine. Sergent Thomas Perrin, promu à titre posthume adjudant. Soldat de première classe Malik Benali, promu à titre posthume caporal. »
Le général énumère la liste d’une voix ferme.
— « Voici les blessés : sergent-chef Xavier Dubreuil, amputé des deux jambes. Soldat de première classe du Génie Stéphane Olivier, amputé de la jambe gauche. Enfin, le caporal-chef Jean-Luc Roussel, défiguré. »
Le général froisse sa feuille et la jette sur la table.
— « Parlez-nous de vos renseignements ! » reprend le colonel Saint Clair, DRM.
— « Pourquoi ? Ils ont été utiles, non ? Il y avait des rebelles, ils sont morts maintenant ! » répond sèchement le colonel Gabriel Montreuil.
— « Morts ? Voulez-vous qu’on vous parle de nos morts et blessés, sans compter ceux qui ont démissionné ? » déclare le colonel Henri Renaud, EMA.
— « C’est un mal nécessaire. Je ne vois pas le problème. »
— « Le problème ? Votre opération a été bâclée ! L’équipe était trop petite ! Il aurait fallu une section complète, avec des renforts conséquents ! » dit le colonel Étienne Le Goff, COS.
— « Vous croyez que ça aurait évité des morts ? C’est la guerre ! Assumez ! »
— « Assumez votre incompétence, vous rigolez ? » Le colonel Le Goff enrage.
— « Voulez-vous que je vous lise la plainte du lieutenant Lemaire ? » demande le colonel Renaud.
Il sort une feuille, la déplie et lit :
— « Cher colonel Desmoulin,
je me dois de vous signaler l’ordre absurde que j’ai reçu du colonel Montreuil. Il ORDONNE une mission de reconnaissance avec une force réduite ! Si je reviens vivant, je porterai officiellement plainte contre lui. »
Le colonel Renaud marque une pause.
— « Cet officier savait que c’était une erreur. Il en est mort. Vous vous rendez compte ? »
Toujours sûr de lui, le colonel Montreuil ne répond pas.
— « Vous ne dites rien ? Vous vous en foutez ? » lance le général Delcourt.
— « Si ! Vous m’accusez de négligence, mais regardez les faits. Ils n’ont pas respecté les protocoles de déplacement. La distance entre les véhicules est de cinquante mètres. Ils ne l’avaient pas. C’est leur négligence qui leur a coûté cher ! » aboie Montreuil.
— « C’est une plaisanterie ? » s’étrangle le colonel Renaud, stupéfait du culot de Montreuil.
Montreuil ajoute, la voix dure :
— « Et heureusement qu’il était là ! Avec lui, la mission aurait réussi. »
— « Qui, lui ? » demande Renaud.
— « Le tueur. Le démon. Sa réputation effraie tout le monde. Il n’aurait pas eu de mal à mener cette mission. »
Le colonel Saint Clair sort de son silence :
— « C’est une force de frappe, pas un outil politique ! Sa réputation est déjà un problème. Nos alliés nous détestent à cause de lui. L’utiliser à tort et à travers serait contre-productif. »
La porte de la salle s’ouvre. Un homme entre : costume sombre, cravate ajustée, lunettes fines, cheveux impeccablement coiffés.
Il s’assoit sur la chaise vide.
— « François Meunier, ministère de la Défense. Le ministre m’a chargé de vous dire que la séance est close et que les enregistrements doivent être effacés. Toute tentative de rouvrir ce dossier sera punie de limogeage sans indemnité. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? Le colonel Montreuil est lavé de tout soupçon ; il est libre de partir. Sur ce, bonne journée. Colonel Montreuil, veuillez me suivre. »
L’assemblée reste coi.
Les deux hommes quittent la salle.
— « Le ministre le lave de tout soupçon ! Encore un petit protégé de nos institutions », lâche le colonel Renaud, furieux.
Il frappe du poing sur la table.
— « Je dois encore faire le ménage pour cet idiot… »
Il se lève, remet sa casquette.
— « On nettoie les déserts, mais pas les bureaux. »
Il quitte la salle, bientôt suivis des autres, sauf Saint Clair, qui récupère la vidéo et la glisse dans sa mallette, sans un mot.

Fin de l’histoire « Le débriefing »
Cette histoire est une fiction inspirée de contextes réels.
Elle a été imaginée et rédigée par Raulgarth, avec l’appui de Sergent-Chef Marcel1 pour la correction, la documentation et la réflexion narrative.
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- ChatGPT de OpenAI ↩︎

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