The Best Unit

Keller s’arrête sur le trottoir, face au bâtiment.
Devant lui, le siège de The Dark Unit se dresse avec sobriété :
La façade principale est lisse, vitrée, légèrement courbée, renvoyant un ciel gris.
À gauche, le bâtiment se prolonge en un hangar rectangulaire, bardé d’acier anthracite, avec un quai de chargement parfaitement aligné.
Juste trois lettres métalliques, TDU , fixées au-dessus de l’entrée, comme enseigne.
L’entrée principale, double porte en verre fumé, vitres teintées, sans possibilité de distinguer des mouvements à l’intérieur.
Keller fixe un instant son propre reflet dans le verre. Il sait qu’on l’observe déjà.
Il resserra la mâchoire.
Il n’est pas venu pour un rendez-vous.
Il est venu pour des explications.

*****

Le hall est large, épuré, baigné d’une lumière blanche venue de plafonniers encastrés.
Le sol, en résine gris clair, ne porte presque aucune trace de passage.
Aucun écran, aucune affiche commerciale.

Face à lui, un comptoir rectangulaire en béton poli.
Derrière, une secrétaire assise, posture droite, tailleur sombre, regard mesuré.

À une dizaine de mètres, sur la gauche, un agent de sécurité l’observe.
Attaché à sa ceinture, bien visible, un pistolet dans l’étui, oreillette reliée à une radio.
Sur le mur derrière le comptoir, une seule horloge numérique affiche l’heure, en rouge.

Keller sort son badge de la CIA, et le montre à la femme.
— « Agent Keller, je veux voir monsieur Carrington »
— « Avez-vous un rendez-vous ? »
— « Non, c’est une connaissance. »
— « Si vous n’avez pas de rendez-vous, ce ne sera pas possible, il est en réunion toute la journée. »

Keller observe la jeune femme, il remarque le badge sur le tailleur où il est écrit “Maya”.
— « Maya ? C’est bien votre prénom ? Je veux voir Victor ! Je veux savoir pourquoi votre compagnie est responsable de m’avoir fait capturer par des insurgés…»
Un homme arrive, calme.
— « Keller. »
Il garde un ton mesuré, presque distant.
— « Brave garçon. Que fais-tu ici sans prévenir ? »
Il se tourne vers Maya :
« Je m’occupe de lui, Maya. John, suis-moi. On va dans mon bureau. »

*****

Carrington invite Keller à le suivre. A côté du vigile, Carrington passe son badge dans le lecteur. Un bip retentit, l’accès est validé.
La porte vitrée s’ouvre automatiquement.
Ils arrivent dans un couloir large, éclairé par des bandes LED incrustées au plafond.
Les murs sont d’un gris uniforme, des photos d’hommes armés, des cadres remplis de décorations.
L’écho de leurs pas résonne faiblement sur le sol en résine lisse.
À droite, une porte entrouverte laisse entrevoir un bureau :
une femme tape sur un clavier, dossiers empilés à côté d’un téléphone fixe. Elle ne lève pas les yeux.
À gauche, deux portes fermées portent simplement un nom, sans indication de fonction.

Un escalier en métal, aux marches pleines, monte vers l’étage.
En haut, l’espace s’élargit.
Une petite salle d’attente est aménagée :
Deux banquettes en cuir noir formant un “U”.
Une table basse métallique, avec quelques magazines soigneusement empilés.
Un distributeur d’eau.

Un nouveau couloir avec ses portes alignées.
Une porte entrouverte laisse voir un bureau avec tableaux et cartes au mur, un homme en chemise parle doucement dans un téléphone.
Plus loin, une autre porte se referme à leur passage.

Carrington continue, d’un pas régulier, silencieux.
Il s’arrête devant une porte pleine, sur l’étiquette, il est écrit “Carrington”.
Les deux hommes entrent.
La pièce est spacieuse, sobre.
Bureau en verre et métal, parfaitement rangé.
Deux fauteuils visiteurs en cuir sombre, dos rigides.
Une grande baie vitrée donne sur l’arrière du bâtiment : ligne de stockage, quai de chargement.
Sur le mur latéral : une carte du monde, sans légende, ponctuée de quelques épingles grises.
Aucune photo de famille. Aucun souvenir personnel.

Une armoire métallique fermée occupe le fond.
Carrington contourne le bureau et s’assoit.
Il ne dit rien.
Il attend que Keller parle.

*****

— « En 2004, votre entreprise s’appelle The Best Unit , lors d’un check-point, un de vos hommes abat un garçon, un vieillard et un âne !… »
Carrington l’interrompt :
— « Un mulet ! Pas un âne, ça se ressemble mais c’est pas pareil ! »
Keller reprend, sa colère monte :
— « Vous niez pas ? »
— « Nier quoi ? On a été blanchi par le président ! Et ensuite ? »
— « Vous vous moquez de moi, je n’ai pas signé pour payer pour vos erreurs ! » hurle Keller.
— « Nous couvrir ça ne vous gêne pas, mais il ne faut pas que ça vous retombe dessus. Ben, voilà, c’est les risques du métier. »
— « Mais, vos hommes ont tué des innocents et nous allons perdre cette guerre à cause de gens comme vous ! »
— « Fils, les États-Unis ne perdent jamais la guerre, peut-être que ses alliés sont perdants, mais nous, on gagne sur tous les tableaux. Vente d’armes, mains mise sur les ressources, asservissements des gouvernements et j’en passe ! »

Une sonnerie de message se fait entendre, interrompant la conversation. Carrington regarde son téléphone, il prend un air dépité.
— « Ton libérateur ! Le démon ! Lui, il tue les nôtres et toi tu viens me demander des comptes. Lui, là ! Que faut-il pour l’acheter ? ça devrait être ton boulot ! Achète- le ou tue… »
Au début, Carrington est énervé, puis il finit par se radoucir.
— « Ne te fais pas tuer, petit. »
Keller ose demander :
— « Qu’a-t-il fait ? »
— « Ce monstre s’en est pris à mes hommes, lors d’une mission… »
Carrington s’arrête et fini par dire :
— « File ! Vas t’en ! »
Carrington, téléphone encore en mains, appelle la sécurité, il fait raccompagné Keller vers la sortie, il reste silencieux.
Keller n’a d’autre choix que de partir, il connaît Carrington depuis qu’il a été recruté à la CIA, il ne peut plus rien en tirer.

*****

De retour à Washington, dans son bureau, Keller est interpellé par Hayes.
Hayes le fixe, bras croisés.
— « Pourquoi t’es allé voir Carrington ? »
Keller ne s’assoit pas.
— « Je voulais un nom. Celui du responsable. »
— « Et alors ? »
— « Night. Il a frappé encore. Carrington ne parlera plus. »
Hayes soupire, fatigué.
— « Tu vas continuer ? Tu vas encore courir après une ombre ? »
Il marque une pause.
— « Rentre chez toi, John. Occupe toi de ta femme. Sinon… tu perdras tout ! »


Fin de l’histoire « The Best Unit »


Cette histoire est une fiction inspirée de contextes réels.
Elle a été imaginée et rédigée par Raulgarth, avec l’appui de ChatGPT pour la correction, la documentation et la réflexion narrative.



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